Transport maritime : quels impacts sur le climat et la biodiversité marine ?

Mis à jour le 23/09/2026

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Saviez-vous que près de 90 % des marchandises mondiales passent par les mers et les océans ? Le transport maritime occupe ainsi une place essentielle dans l’économie mondiale. Cela en fait un secteur stratégique, mais aussi très exposé aux enjeux écologiques. À l’occasion de la Journée mondiale de la mer, le 24 septembre, nous republions notre interview d’Emeric Bidenbach, chef de projet au Cerema, qui décrypte les principaux défis environnementaux liés aux trafics maritimes.

© Geolittoral - Ici les données de trafic maritime - Année 2024.

Comment le trafic maritime influence-t-il le climat et la biodiversité marine ?

Sur le plan climatique, le transport maritime représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ce chiffre peut sembler modeste, mais sa trajectoire est préoccupante : sans action, sa part pourrait atteindre 15 à 20 % d’ici 2050. L’enjeu n’est donc pas dans le poids actuel du secteur, mais sa dynamique future. Le transport maritime exerce aussi de nombreuses pressions sur la biodiversité marine : bruit sous-marin (perturbant les mammifères marins dans leurs zones de reproduction, de migration ou d’alimentation), collisions avec les cétacés, pollutions, diffusion d’espèces invasives ou encore dégradations des fonds marins liées à l’ancrage.

Les zones de fort trafic sont-elles aussi les zones où les impacts sur la biodiversité sont les plus forts ?

Pas nécessairement ! Une zone très fréquentée par des navires n’aura pas les mêmes effets selon qu’elle croise ou non des couloirs de migration d’espèces, des habitats sensibles ou encore des espèces à enjeu de conservation. L’enjeu est donc d’identifier les points de rencontre entre trafic intense et forte sensibilité écologique, qu’on qualifie de zones à risque ou de « hot spots ». À l’inverse, certaines zones de fort trafic se situent dans des zones à faibles enjeux écologiques.

Quelles mesures sont déjà mises en place pour réduire l’impact du trafic maritime sur le climat et la biodiversité ?

La baisse de vitesse dans certaines zones permet à la fois de réduire les émissions, de diminuer le bruit sous-marin et de limiter le risque de collision avec les cétacés. C’est une mesure simple mais très efficace lorsqu’elle est bien ciblée.
D’autres actions sont également mises en œuvre, comme l’électrification des ports, la réduction de l’usage des combustibles les plus polluants ou le développement de modes de propulsion plus sobres. 
Mais le secteur est en transition, avec des choix techniques encore ouverts. Les solutions les plus intéressantes sont souvent celles qui apportent plusieurs bénéfices, à la fois pour le climat, la qualité de l’air, la réduction du bruit et la biodiversité.

En quoi est-il si difficile de réguler le trafic maritime dans les zones les plus sensibles ?

Le trafic maritime se déploie dans un espace largement international, avec des intérêts très différents selon les États et les ports. Une mesure contraignante prise dans une zone donnée peut déplacer une partie du trafic vers un port concurrent, parfois dans un autre pays. Cela crée une tension permanente entre protection de l’environnement et attractivité économique. 
Il faut à la fois disposer d’une connaissance fine des flux, et construire des mesures coordonnées pour qu’elles soient efficaces. C’est tout l’enjeu des coopérations entre réseaux de données et des cadres internationaux comme les conventions.

 

Avec l’aimable participation d’Alan Quentric, responsable d’étude planification littorale et maritime au Cerema.

Cette interview est issue de la lettre d’information, Terre à terre. Chaque saison, retrouvez dans votre boîte mail les clés pour comprendre les grands enjeux de la transition écologique et leur appropriation par les territoires.

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