Prix des carburants : une aide de 5 millions d’euros pour la filière pêche
Mis à jour le 07/04/2026
Actualité
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La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz ont provoqué une hausse significative des prix du carburant. La filière de la pêche, très dépendante des carburants fossiles, est particulièrement exposée. Face à cette situation, le gouvernement a annoncé le 27 mars dernier un plan de soutien immédiat de 5 millions d’euros. Cette mesure vise à accompagner les professionnels et préserver l'avenir de la pêche française.
Chiffre-clé
20 % de la consommation mondiale de pétrole transite dans le détroit d’Ormuz.
Hausse du carburant : un remboursement partiel d’ici fin avril pour les pêcheurs
Pour atténuer l’impact de la hausse du prix du carburant, la France va soumettre à la Commission européenne une aide aux pêcheurs de 5 millions d’euros correspondant au remboursement partiel de la hausse des coûts de carburant pour le mois d’avril 2026, à hauteur de 0,20 euro par litre.
Face à la hausse des prix des carburants et des intrants agricoles, le gouvernement met en place un plan de soutien immédiat à l’activité des secteurs économiques les plus touchés, dont la pêche, pour un coût total estimé à près de 70 millions d’euros sur le mois d’avril 2026.
Le gouvernement est ainsi mobilisé pour mettre en œuvre un dispositif d'aide directe simple et efficace qui devrait être pleinement opérationnel d'ici la fin du mois d'avril 2026.
Le dispositif d’aide en détail
Qui peut en bénéficier ? Tous les navires de pêche de la métropole et d’Outre-mer.
Comment en bénéficier ? Les pêcheurs devront transmettre au début du mois de mai leurs preuves d’achat de carburant d'avril 2026 via un téléservice dédié, en cours de développement. Les paiements interviendront au fil de l'eau dans les semaines qui suivront.
À noter : les modalités précises de l'aide sont en cours de discussion avec la Commission européenne et les professionnels, sur la base de l'aide mise en place en 2023-2024 à la suite de la guerre en Ukraine. Le plafond de l'aide sera un élément clé de la négociation avec la Commission notamment pour traiter les armements ayant plusieurs navires.
D’autres mesures concrètes de soutien aux entreprises de la filière
Afin de se préparer à une crise qui dure, le gouvernement a également mis en place plusieurs mesures de soutien à la filière de la pêche française.
- Échelonnement des cotisations sociales : un délai de paiement sans frais ni majoration sera accordé aux entreprises de pêche qui en feront la demande à leur URSSAF.
- Étalement des échéances fiscales : les entreprises de pêche peuvent demander un étalement de leurs échéances fiscales auprès de leur direction départementale des finances publiques.
- Prêts de trésorerie garantis par Bpifrance : un soutien immédiat à la trésorerie des entreprises, via des prêts attractifs garantis par Bpifrance, sera accordé aux professionnels qui en ont besoin.
- Dialogue avec le secteur bancaire : pour appeler à la souplesse et à la flexibilité dans le traitement des dossiers individuels d’entreprises faisant face à des difficultés de trésorerie du fait de la crise en cours.
- Soutien à la consommation de produits de la mer français : les consommateurs et les acteurs de la grande distribution sont appelés à soutenir la pêche française, garante d'une production responsable et de qualité. Des discussions sont engagées en ce sens avec la distribution.
Une transition énergétique accélérée
Cette crise souligne l’urgence d’accélérer la transition énergétique de la pêche. Le gouvernement travaille sur plusieurs axes structurels afin de diminuer la dépendance aux énergies fossiles importées.
- Certificats d’économie d’énergie : un travail d’actualisation des dispositifs existants en faveur de la pêche sera mené afin d’accompagner financièrement les navires dans leur recherche d’efficacité énergétique.
- Mécanisme assurantiel : les services de l’État accompagnent la filière pour assurer sa mise en place au plus vite, conformément aux engagements du contrat stratégique de filière signé en 2025, et se prémunir ainsi contre de futures crises, notamment énergétiques.
- Transition énergétique de la flotte : les travaux se poursuivent, au niveau national et européen, pour accélérer la décarbonation de la flotte de pêche française. Lors du conseil Agriculture et pêche (AGRIPECHE) du 30 mars, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche a ainsi plaidé auprès de la Commission européenne pour lever sans délai les verrous réglementaires et financiers au renouvellement des flottes.