3e Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3) : engagements, résultats et prochaines étapes

Mis à jour le 07/07/2026

Partager cette page

La 3e Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3), organisée à Nice en juin 2025, a marqué une étape majeure pour la protection de l’Océan. Quels engagements ont été pris, quels résultats concrets ont été obtenus et quelles sont les prochaines échéances ? Cette page fait le point sur les priorités d’action portées par la France et ses partenaires.

UNOC-3 à Nice : un tournant mondial pour l'Océan

Après New York en 2017 et Lisbonne en 2022, la 3e édition de la Conférence des Nations unies sur l’Océan avait pour thème principal : « Accélérer l’action et mobiliser tous les acteurs pour conserver et utiliser durablement l’Océan ». Elle visait à renforcer la protection et l’utilisation durable de l’Océan, des mers et de leurs ressources, ainsi qu’à mettre en œuvre les priorités de l’Objectif de développement durable 14 (ODD 14) dédié à l’Océan.

Cette conférence a abouti à des résultats concrets avec la création d’un plan d’action de Nice pour l’Océan composé d’engagements volontaires et financiers. Ces engagements constituent une feuille de route ambitieuse vers la réalisation de l’ODD 14.

Découvrez les « Engagements de Nice pour l’Océan »

Quatre priorités pour accélérer la protection de l’Océan

L’UNOC-3 s’est conclue par des engagements forts autour de quatre priorités essentielles : protéger la biodiversité marine ; lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée ; décarboner le transport maritime ; et mettre fin à la pollution plastique. Cette vision, impulsée par la France et partagée par de nombreux pays, a permis d’aboutir à une série de mesures historiques constituant aujourd’hui des avancées concrètes, inscrites dans la durée.

Protéger la biodiversité marine

Durant l’UNOC-3, la France a recueilli suffisamment de ratifications et de promesses de ratifications pour l’accord sur la protection de la haute mer (Accord BBNJ), permettant son entrée en vigueur dès 2026. En 2027, la première Conférence des Parties de l’Accord BBNJ se tiendra à New York. Les États devront finaliser les décisions institutionnelles et budgétaires, et établir un calendrier opérationnel pour la protection de la haute mer. 

En France, plusieurs engagements structurants avancent :

  • la création de la plus grande aire marine protégée au monde en Polynésie française : 4,55 millions de km², dont 900 000 km² sous protection stricte ;
  • d'ici fin 2026, 78 % de la surface marine française sera protégée, dont 14,8 % sous protection forte, contre 4,8 % aujourd’hui ;
  • d’ici fin 2026, 4 % des eaux hexagonales passeront sous protection forte, contre 0,1 % actuellement ;
  • d'ici 2028, chaque aire marine protégée devra inclure au moins une zone de protection forte. 

Dans ces zones de protection forte seront interdites toutes activités qui pourraient endommager la biodiversité marine (certaines pratiques de pêche professionnelle et récréative, nautisme et plaisance).

La France tient ainsi dès aujourd’hui son engagement de placer 10 % de ses eaux territoriales sous protection forte d’ici 2030, et encourage les autres pays à faire de même pour atteindre plus de 30 % de mers protégées à l’échelle mondiale.

Dossier de presse « Protéger la biodiversité marine »

Lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée

La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) représente 15 % à 20 % des captures mondiales et constitue un fléau écologique, humain, social et économique majeur. Pour la combattre, la France a fixé trois priorités : 

  • Renforcer les règles internationales : lors de l’UNOC-3, la France a appelé à ratifier des accords clés, tels que l’accord de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les mesures du ressort de l’État du port, la Convention 188 sur les conditions de travail à bord des navires de pêche, l'accord de l'Organisation mondiale du commerce sur les subventions à la pêche et l’accord du Cap de l’Organisation maritime internationale sur la sécurité des navires de pêche. La déclaration ministérielle du Groupe des 7 (G7) sur la pêche INN vient désormais soutenir cette ambition.
  • Renforcer l’ambition de la Commission européenne en matière de lutte contre la pêche illégale dans le Pacte européen sur les Océans, afin d’améliorer la traçabilité, avoir une politique de carton ferme, et de conditionner les accords extérieurs de pêche à des engagements en matière de lutte contre la pêche INN.
  • Soutenir les pêcheurs responsables, qui pratiquent une pêche durable, pour l’environnement marin mais aussi en matière économique et sociale.

Ces actions visent à protéger les écosystèmes marins, à soutenir les économies maritimes locales et à garantir des conditions de travail décentes pour les marins-pêcheurs.

Dossier de presse « Lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) » 

Décarboner le transport maritime

Le transport maritime représente 90 % des échanges mondiaux et 3 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour remédier à cette situation, l’Organisation maritime internationale a adopté en 2023 une stratégie visant à réduire les émissions de 20 % d’ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Dans ce cadre, des mesures contraignantes, dont une mesure de tarification économique selon l’intensité carbone du navire, ont pu faire l’objet d’un compromis en avril 2025 mais doivent encore être discutées et définitivement adoptées à la fin de l'année 2026. L’UNOC-3 a été l’occasion pour la France d’assurer le soutien nécessaire à ces mesures, et de consolider les alliances d’États affinitaires, ainsi que de mobiliser les armements internationaux sur l’enjeu de la décarbonation du transport maritime.

Au niveau national, la France a adopté une stratégie ambitieuse pour atteindre la neutralité carbone, en collaboration avec l’ensemble de la filière. 

Elle repose sur trois leviers majeurs : 

  • Efficacité énergétique : optimisation des carènes, entretien des navires, développement des systèmes d’économie d’énergie et routage météo.
  • Sobriété : réduction volontaire de la vitesse des navires (jusqu’à -30 % d’émissions possibles), limitation des voyages à vide et mutualisation du fret.
  • Transition énergétique : substitution progressive du fioul lourd par des biocarburants et e-carburants, et mise en place de sources d’énergie et de technologies décarbonées (vent, etc.).

Cette transformation impose de repenser en profondeur tout l’écosystème maritime. La France doit investir un total de 1,5 milliard d’euros dans la modernisation des ports, la formation des professionnels et l’innovation maritime, via une répartition entre argent public, garantie bancaire et fonds privés.

Dossier de presse « Décarboner le secteur maritime »

Lutter contre la pollution plastique

Lors de l’UNOC-3, la France a renforcé son engagement dans la lutte contre la pollution plastique.

En Méditerranée, elle a lancé une déclaration adoptée par les pays riverains dans le cadre de la Convention de Barcelone, visant à renforcer la protection de l’environnement et à lutter contre la pollution plastique dans cette région. 
La France prépare activement les négociations d’un traité mondial contre la pollution plastique. À cette occasion, elle a initié l’Appel de Nice, soutenu par 96 pays, visant l’élimination de la pollution plastique d’ici 2040, avec cinq priorités : 

  • réduire la production et la consommation de plastiques ;
  • éliminer les plastiques nocifs et les substances chimiques préoccupantes ;
  • concevoir des produits plus durables et sains ;
  • mettre en place un mécanisme financier solide ;
  • prévoir un traité capable d’évoluer dans le temps selon les avancées scientifiques. 

En parallèle, la France a annoncé la mise en place d’un Plan Plastique 2025-2030 au niveau national, axé sur : 

  • l’éco-conception des produits prenant en compte la recyclabilité et la réemployabilité des emballages plastiques ;
  • le développement d'une vision industrielle de l'économie circulaire du plastique, avec des investissements dans des infrastructures de réemploi et de recyclage ;
  • le soutien aux collectivités pour améliorer la performance de collecte et de tri ;
  • l’exemplarité des acteurs publics et privés dans leur usage des produits plastiques.

Dossier de presse « Réduire nos usages du plastique : la France s’engage »

Après l’élan de 2025, les années suivantes seront déterminantes pour transformer les engagements de l’UNOC-3 en actions concrètes. Plusieurs rendez-vous internationaux majeurs rythmeront les prochaines années.

Prochaines étapes

Les États devront finaliser les décisions institutionnelles et budgétaires, et établir un calendrier opérationnel pour la protection de la haute mer ; la France s’est d’ores et déjà organisée autour d’une stratégie interministérielle d’identification d’aires marines protégées en haute mer.

Présenté lors de l’UNOC-3, ce pacte vise à rassembler toutes les politiques européennes liées à l’Océan afin de construire une vision commune, transversale et cohérente. Des stratégies (industrielle, maritime et portuaire) et des propositions législatives (révision des directives stratégie pour le milieu marin et planification), auxquelles la France contribue, sont attendues.

En savoir plus sur le Pacte européen pour l’Océan.

la France, engagée en faveur d’une pause de précaution, travaillera à rallier de nouveaux États. La 31e session de l’Assemblée générale de l’Autorité internationale des fonds marins, à Kingston en juillet 2026, sera une étape clé dans cette dynamique.

Dans le cadre de la présidence française du G7, la France a présenté des initiatives pour renforcer, à l’échelle internationale, la lutte contre la pêche illégale et partager les bonnes pratiques de gouvernance au sein des aires marines protégées. La France assure également la présidence de l’accord de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO, Food and Agriculture Organization of the United Nations) sur le contrôle par l’État du port en matière de pêche illégale, et visera à renforcer l’influence de cet accord et la coopération entre organisations internationales en la matière.